Santé et Forme

Courir quand il fait froid !

 

Je joggue, tu joggues, il joggue… oui enfin, surtout quand il fait beau et chaud hein ! Aux premiers frimas, y’a plus personne. Allez, un peu de courage que diable. On lâche la couette, on met les baskets et on sort courir. Ce n’est quand même pas un peu de vent, de pluie ou de neige qui vont vous arrêter. Si ? Nos conseils pour braver la météo.

Rester motivé
Bon c’est vrai. Courir au printemps, en été ou même en automne est plutôt facile si l’on est un peu motivé… C’est vrai aussi, la démarche demande une bonne dose de volonté quand le thermomètre dégringole. Du coup, beaucoup troquent les runnings contre les charentaises… et hibernent. Le sport ? On verra au printemps !

Dommage, car maintenir une à deux (trois ou quatre pour les plus courageux !) sorties par semaine est indispensable pour rester endurant et performant. Car pour le jogging, comme pour tous les autres sports, les clés de la réussite tiennent en un seul mot : la régularité. Vous êtes du genre frileux et prévoyez de vous arrêter deux ou trois mois ? Erreur ! La reprise n’en sera que plus difficile au printemps, et vous aurez alors du mal à vous relancer.

Essayez donc de maintenir un minimum de séances par semaine, quitte à alléger un peu le rythme ou sortir moins longtemps. L’important étant surtout de ne pas créer de longues périodes d’inactivité.

Etre bien équipé
Courir en hiver ok, attraper une pneumonie, non ! Alors, avant de se lancer tête baissée, on oublie le short et le marcel et on s’équipe. C’est la règle de base pour continuer de courir en hiver sans risquer d’y laisser sa santé et tout en maintenant un niveau de confort optimal.

«Fuyez le coton ! » prévient Bruno Heubi, entraîneur, champion du monde des 100 km par équipe et auteur de Courir longtemps, les clés pour réussir (éd. CG, coll. Sport+). « Certes les vêtements en coton absorbent la sueur et l’humidité… mais ils la gardent aussi. Vous serez rapidement trempé, et vous aurez froid après seulement quelques minutes d’effort. »

La bonne option ? Des textiles thermo-régulants qui laissent passer l’humidité et évacuent la transpiration. Comme avec les Pampers, on reste au sec et on conserve sa chaleur naturelle tout en évacuant l’humidité. Le mieux est d’opter pour un collant de course, un tee-shirt manches longues et un coupe-vent (évitez le K-way qui vous promet un effet sauna absolument pas indiqué) dès l’automne.

Vous trouverez facilement en magasin de sport des produits étudiés qui ne sont pas pour le coup des gadgets. S’il fait vraiment froid, il faut prévoir en plus bonnet - indispensable car 30 % de la chaleur corporelle s’évacue par la tête - et gants et ne pas oublier de s’hydrater correctement la peau et les lèvres pour éviter les gerçures.

S’adapter
Glissades, récupération et chaleur corporelle, ça vous dit quelque chose ? Ben oui, le corps ne réagit pas de la même façon quand il fait froid et doit s’adapter à son environnement. S’entraîner de la même façon en hiver qu’en été est une VMI (comprendre very mauvaise idée). D’une parce que vos performances ne peuvent pas être les mêmes. De deux, parce que les risques de chutes et de blessures sont plus importants (de fatigue aussi).

Donc : on s’adapte. Changer l’heure d’entraînement par exemple pour courir en plein jour, être souple sur les jours pour privilégier ceux où la météo est plus clémente, éviter les parcours en plein vent ou les routes glissantes (notamment les zones qui restent à l’ombre).

Mais ce n’est pas tout, l’entraînement en lui-même peut être optimisé : « L’échauffement devra être allongé», explique encore Bruno Heubi, « afin que la montée en température du corps se fasse correctement. Le début de l’effort doit être modéré car l’air froid peut irriter les bronches et poumons si la ventilation est importante. La différence de température entre l’air expiré et l’air extérieur provoque cette buée qui sort de la bouche. C’est la preuve de ces écarts de milieu. »

Attention aussi à l’après jogging. Il faut se rhabiller sans tarder (vous discuterez de vos extraordinaires pointes de vitesse avec vos comparses d’entraînement plus tard) et effectuer si possible étirements et récupération bien au chaud. 

Tenue idéale en fonction du temps
Chaque coureur a un degré de résistance au froid qui lui est propre. Il n’existe donc pas une seule et unique façon de s’habiller pour courir l’hiver. Ce qui compte c’est  de se sentir à l’aise et dans les meilleures conditions pour courir. Voici quand même quelques exemples de tenues adaptées que Bruno Heubi vous conseille d’adopter en première instance. Vous pourrez ensuite ajuster votre équipement selon vos ressentis :

Vent : coupe-vent léger + tee-shirt respirant + collant léger ou cuissard

Pluie : vêtement anti-pluie (déperlant) + tee-shirt manches longues respirant + collant + casquette pour éviter le coup de froid dû à l’humidité des cheveux, avec une longue visière pour protéger les coureurs porteurs de lunettes de vue

Neige : coupe-vent léger + tee-shirt respirant + bonnet ou casquette pour se protéger de l’humidité + collant thermique (qui garde la chaleur)

Froid : polaire manches longues + tee-shirt respirant manches longues ou courtes + bandeau (qui protège front et oreilles sans que l’on ait trop chaud) + collant thermique

Photo Credit: @iStockphoto.com/blende64




 



Sandrine Coucke-Haddad est journaliste depuis plus de 15 ans et auteure de livres sur la santé et la minceur. Elle est aussi Chef de rubrique « Nutrition/Santé/Bien-Être » du magazine de running Runner’s World.

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